La veille citoyenne & policière

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QU’EST-CE QUE C’EST ?

Prolongement institutionnalisé du fonctionnement actuel du collectif Citoyens & Policiers, la veille citoyenne­ et policière serait un bouillon de culture en faveur du rapprochement police/population dans tout le pays. Le principe serait de créer des groupes de travail locaux composés de citoyens, de policiers et de gendarmes, de membres d’associations, de travailleurs sociaux, d’élus, de chercheurs… qui réfléchiraient et agiraient ensemble sur cette problématique. Les policiers et gendarmes y participant seraient protégés et ne seraient pas soumis à la stricte obligation de réserve concernant les dysfonctionnements qu’ils pourraient signaler.

DANS QUEL BUT ?

Recréer du dialogue entre les différents acteurs pour :

– apprendre à se connaître et à dépasser les préjugés ;

– trouver des solutions communes qui soient adaptées aux situations sur le terrain ;

– mettre en place des actions à court et long terme, pour agir en profondeur sur les causes des problèmes rencontrés ;

– faire remonter les problèmes locaux et contribuer à la réflexion nationale sur les relations police/ population.

 

AVEC QUELLE STRUCTURE ?

La veille serait une institution officielle, soutenue par l’État, mais indépendante du gouvernement.

Un organe central, dit veille nationale, prendrait en charge les problématiques nationales concernant les relations entre la police et la population, et veillerait au bon fonctionnement des veilles locales (régionales, départementales et communales) implantées un peu partout sur le territoire, y compris hors métropole.

Cette veille nationale serait composée de plusieurs pôles thématiques : formations ; déontologie ; relations police/population dans les quartiers ; maintien de l’ordre ; protection des lanceurs d’alerte ; collaboration internationale…

Les veilles locales seraient structurées sur le même modèle que l’organe central. Elles feraient le lien avec les autres veilles sur le territoire – principalement celles avec la même thématique – et rapporteraient leurs travaux à l’organe central, qui se chargerait du plan national d’action publique le cas échéant.

POURQUOI DU LOCAL AU NATIONAL ?

Même si certains problèmes sont nationaux et touchent l’ensemble de la population, nombre d’entre eux sont liés à des circonstances sociales, économiques, culturelles locales et ne peuvent être résolus par des solutions trop généralistes, pas ou peu adaptées à une situation particulière. Une politique de rapprochement police/population nationale est essentielle, mais elle ne peut pas être, entièrement ou en partie, établie pour tout le territoire du fait des situations particulières locales rencontrées.

LA DIMENSION INTERNATIONALE

La veille citoyenne et policière serait également ouverte à la collaboration internationale. Elle aurait vocation à échanger avec tous les pays sur leurs expériences respectives, pour éventuellement s’inspi-rer de certaines solutions mises en place à l’étranger. En effet, nombre de pays, en Europe et dans le monde, mettent en place des outils différents au sein de leur police, en matière de maintien de l’ordre mais également concernant d’autres missions. Le but n’est pas de s’emparer de ces outils pour les intégrer tels quels au sein de la police française, mais en premier lieu de s’en inspirer et de les adapter, si cela est pertinent, à la situation propre à notre territoire.

EN QUELQUES MOTS

Axée sur le bon sens, la cohésion et la recherche de l’intérêt commun, la veille citoyenne et policière accepterait tout le monde dans la richesse de sa diversité : sociale, politique, syndicale, religieuse. La veille a pour but de rassembler toutes les différences et d’avancer grâce à elles.


POURQUOI CETTE VEILLE ?

Après plus d’un an et demi de travail en commun avec les policiers, nous avons pu constater que le dialogue, les échanges permettaient de créer un terrain propice à l’apaisement et de dépasser les pré-jugés. Néanmoins, ces moments d’échange doivent être encadrés : on ne peut pas mettre face à face sans médiateur deux individus que tout oppose.

Nous avons également expérimenté le travail en commun avec des policiers et des citoyens dont les points de vue étaient différents. Malgré les divergences, il a été possible de travailler ensemble et sur-tout d’imaginer des solutions communes. Solutions nombreuses qu’il est difficile de mettre en place par nos propres moyens : nous avons donc réfléchi à une structure qui pourrait s’emparer de grands thèmes regroupant les problématiques actuelles et à la manière dont cela pourrait s’articuler sur le territoire.

Lors de notre conférence du 22 septembre 2017 à Paris, nous avons testé à toute petite échelle ce fonctionnement avec trois groupes, chacun composé de citoyens, de policiers, de gendarmes, de membres d’associations locales ou d’ONG, de chercheurs, de représentants de syndicats de police, etc. – des participants que, pour la plupart, nous ne connaissions pas. Chaque groupe a travaillé sur un thème : relations police/population dans les quartiers ; maintien de l’ordre ; déontologie/formation.

En l’espace de quarante-cinq minutes, ces groupes ont imaginé des solutions communes, constructives, applicables, qui pourraient être mises en place demain.

Nous sommes convaincus que de tels groupes de travail qui réfléchiraient et agiraient sur les problématiques actuelles et les nouvelles qui apparaîtraient – car il y en aura toujours ! – représenteraient une solution constructive, intelligente et efficace pour le fonctionnement de la police en France et ses relations avec la population.


L’ORGANE CENTRAL (OU VEILLE NATIONALE)

COMPOSITION

L’organe central, ou veille nationale, est composé d’un pôle central et de pôles thématiques.

Le pôle central est garant du bon fonctionnement de ces pôles thématiques et des veilles locales. Il s’occupe des relations, de la médiation et de la communication entre les veilles existantes. Il s’occupe aussi de rassembler les travaux de toutes les veilles et de les porter sur le devant de la scène si néces-saire afin d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics sur des problèmes réclamant un intérêt particulier et sur lesquels des veilles auraient des solutions à proposer.

Le pôle central est interconnecté avec les pôles thématiques qu’il fédère. Les thèmes principaux sont :

– formations ;

– déontologie ;

– relations police/population dans les quartiers ;

– maintien de l’ordre ;

– protection des lanceurs d’alerte ;

– collaboration internationale.

 

LE PÔLE FORMATIONS

Il est chargé de la réflexion sur l’amélioration de la formation des fonctionnaires de police à l’école et tout au long de leur carrière, mais également de la formation des citoyens concernant le fonctionnement de leur police, qu’ils connaissent très mal (par exemple dans les écoles, dans le programme d’éducation civique, etc.).

LE PÔLE DÉONTOLOGIE

Ce pôle travaillera sur la question essentielle : « Quelle police voulons-nous ? », et se penchera sur le code de déontologie de la police et de la gendarmerie.

LE PÔLE RELATIONS POLICE/POPULATION DANS LES QUARTIERS

Il regroupe toutes les problématiques rencontrées dans les quartiers – mais qui s’étendent au-de-là : contrôles au faciès, police de sécurité du quotidien, trafics de drogue et économie souterraine, radicalisation…

LE PÔLE MAINTIEN DE L’ORDRE

Sa principale mission est de faire un état des lieux du maintien de l’ordre en France, à Paris et en province ; pas seulement lors de manifestations, mais également dans les ZAD, par exemple, ou au cours d’événements particuliers (COP21, événements sportifs, etc.).

LE PÔLE PROTECTION DES LANCEURS D’ALERTE

Il a pour vocation de recueillir les témoignages de policiers et de citoyens dénonçant des dysfonctionnements au sein de l’institution en leur offrant des outils juridiques pour les accompagner dans leurs démarches mais également un soutien grâce à une cellule psychologique.

LE PÔLE COLLABORATION INTERNATIONALE

Il fait le lien avec les forces de l’ordre dans le monde en connaissant les initiatives en faveur du rapprochement police/population. Il est chargé d’observer le fonctionnement au-delà de nos frontières et de s’inspirer des outils qui fonctionnent pour les adapter à la situation française.

 

Un pôle thématique regroupe des acteurs engagés sur le sujet qu’il traite : policiers et gendarmes, «­ simples » citoyens, travailleurs sociaux, associations locales, psychologues, sociologues et polito­logues, élus locaux… La liste n’est pas exhaustive. Il y a un intérêt commun pour le thème du pôle, mais également des points de vue différents amenant à des échanges constructifs. L’important n’est pas que le groupe soit initialement d’accord sur tout, mais qu’il puisse partager ses divergences, puis trouver des solutions communes grâce à ces différences.

Au sein d’un groupe de travail d’un pôle, plusieurs rôles essentiels sont attribués.

Le rapporteur s’occupe de rassembler les travaux et de faire le lien avec d’autres pôles qui pourraient être consultés sur des questions spécifiques concernant un problème particulier (le pôle déontologie peut avoir besoin de consulter le pôle formations, par exemple). Il est également en charge de faire le lien avec le pôle central.

Des inspecteurs – un citoyen et un policier – gèrent les constatations sur le terrain. Ils peuvent intervenir directement au sein des commissariats, des centres de formation, afin de relever des dysfonctionnements dont on leur a fait part, recueillir des témoignages auprès de citoyens et de policiers dans une situation donnée. Ils doivent ensuite rapporter leurs constatations auprès de leur pôle pour que celui-ci les prenne en compte dans ses travaux.

Des médiateurs – un citoyen et un policier – s’occupent de fluidifier les relations entre la population et la police dans une situation donnée. Ils sont là pour rassembler toutes les personnes impliquées dans un conflit afin de résoudre rapidement une situation, avant qu’elle ne s’envenime. Par exemple, dans une situation de conflit dans un quartier, les médiateurs sont saisis et convoquent sur place les habitants impliqués, les policiers, les élus locaux et les travailleurs sociaux pour mettre les choses à plat et envisager des solutions communes. Mais ils peuvent également, par exemple, intervenir en manifestations dans le cadre du pôle Maintien de l’ordre.

COMPOSITION DES VEILLES LOCALES

Les veilles locales sont des répliques de l’organe national : la structure et le fonctionnement sont les mêmes. Mais les problématiques et les acteurs impliqués sont différents, en fonction de la situation à laquelle les veilles seront confrontées. Composées de rapporteurs, elles font le lien avec les autres veilles du territoire – principalement avec celles traitant la même thématique – et rapportent leurs travaux à l’organe central, qui se charge de proposer un plan national d’action publique si nécessaire.

CONCLUSION

Les problématiques liées au fonctionnement de la police française et des relations police/population doivent être gérer grâce à un vrai travail de fond en commun, citoyens & policiers. Il est urgent que les pouvoirs publics s’emparent de ce sujet pour le bien commun, en s’y investissant sur la durée et non, selon un agenda électoral que nous savons très court et qui ne permet pas de régler des problèmes correctement.

 

Les problématiques liées au rapprochement police/population sont nombreuses et complexes. Elles touchent à la gestion de l’Humain avant tout, qui doit être absolument pris en considération dans la recherche de solution. Il faut s’attaquer aux causes profondes des problèmes et non aux conséquences avec un réel investissement long et sérieux.

 

Nous pensons fermement que cette veille citoyenne & policière peut poser les bases d’une nouvelle ère sur le rapprochement police/population. Renouer le dialogue, rétablir la compréhension, apprendre à travailler ensemble, trouver des solutions qui soient adaptées pour tous selon les situations. De la communication, du dialogue, se parler. Tout simplement.