ESPOIR 18

Espoir 18 est une association basée sur Paris – dans le 18ème arrondissement.

Son objectif :

Dans un esprit de co-construction mener des actions ludiques valorisant chaque partie prenante afin de créer du lien social et contribuer au vivre ensemble. Entre jeunes et policiers.

Objectif I : Former et sensibiliser les principales parties prenantes de ce projet à cette question du dialogue entre les jeunes et les forces de l’ordre.

Objectif II : Mettre en place des outils afin de faire évoluer les perceptions mutuelles entre les jeunes et les forces de l’ordre et de modifier leurs comportements respectifs.

Objectif III : Mener une politique d’évaluation rigoureuse des résultats et de l’impact social de leur action.

Il y a quelques semaines, l’association a organisé une soirée « Droits et Devoirs » afin de faire découvrir sous forme de jeux (Jeux de rôles, jeu de l’oie etc.) les droits et les devoirs de chacun dans certaines situations conflictuelles, apporter des notions et les mettre en pratique, une introduction au code de déontologie sous forme de jeu ludique etc.

L’association travaille main dans la main avec la police nationale sur toutes leurs actions.

Quelques photos de cette soirée :

Pour découvrir l’association Espoir 18, vous pouvez retrouver une présentation de l’association par ici :

Présentation Espoir 18

Et pour plus d’informations et si vous voulez les rejoindre : Site Internet – Espoir 18

Tournoi de foot – Fraternité Générale & Red Star FC

Le samedi 13 octobre 2018, l’association Fraternité Générale organisait – en partenariat avec le Red Star FC, un tournoi de foot.
A cette occasion, ils ont invité une dizaine d’associations luttant contre toutes les formes de discrimination et œuvrant à la déconstruction des préjugés.

Le collectif Citoyens & Policiers y a participé, au même titre que Sports dans la ville, Coexister, Les Dégommeuses et bien d’autres.

Le but de cet évènement était de regrouper des personnes de différents horizons, pouvant avoir des préjugés les uns envers les autres et qui ne se seraient jamais rencontrées si elles n’avaient pas été rassemblé sur le même terrain.

Anciens détenus, réfugiés, jeunes de quartiers, étudiants de grandes écoles, policiers, de religions différentes, cultures différentes parfois, d’univers différents.

Ce jour-là, 14 équipes ont été formé. Chacune d’elle était constituée de membres de toutes les associations. Il a fallu faire connaissance, s’apprivoiser et ne faire qu’une équipe solidaire sous le même maillot malgré nos différences.

Gaëlle Van Der Maslow a participé, accompagnée d’une policière municipale de Seine-Saint-Denis. Elles n’ont pas joué ensemble mais ont été – au même titre que tous, dispatché dans des équipes différentes.

 » Au départ, j’étais un peu perdu – je dois bien l’avouer. Je me suis retrouvée dans une équipe avec des membres de l’asso Coexister, Sport dans la ville etc. Des personnes que je ne connaissais pas, d’un univers différent du mien.

On a désigné un capitaine et on a commencé à s’entraîner ensemble.

Moi, la seule fille de l’équipe parmi des jeunes de quartiers principalement. Je me suis dit dès le départ que j’allais être catalogué comme le boulet de l’équipe ! Et qu’ils allaient vite me mettre de côté.

Pas du tout. Ils m’ont intégré tout de suite, me donnaient des conseils pour arrêter le ballon efficacement, m’encourageaient. Moi qui ne suit pas très foot, j’ai vraiment aimé jouer avec eux. Je me suis attachée à mon équipe en une après-midi.

On a vraiment trouvé une bonne cohésion, c’était vraiment une bonne équipe.

Quand on a gagné les 1/4 et qu’on s’est retrouvé en 1/2, le capitaine de l’équipe s’est exclamé : « Wesh ! On est en demie, AVEC UNE FILLE et en plus, ELLE VEUT ÊTRE FLIC ! »

Mémorable. On est tous parti dans un fou rire général.

Et à ma grande surprise, on a même gagné le tournoi ! Effusion de joie générale de l’équipe.

Il faut dire que nous avions un très bon gardien !

Néanmoins, ça prouve aussi que sur un objectif commun, lorsqu’on met de côté nos différences, on peut aller très loin ensemble.  » – Gaëlle Van Der Maslow

Un tournoi à refaire donc. Mais le plus important dans cette initiative est également d’avoir mis en lumière les nombreuses associations qui œuvrent chaque jour à la déconstruction des préjugés pour avancer mieux, ensemble.

Créer un terrain propice aux échanges est l’un des objectifs du collectif Citoyens & Policiers.

Nous remercions chaleureusement l’association Fraternité Générale et le Red Star Fc de nous avoir invité à ce tournoi.

Pour écouter le retour de Sandrine Oudin, sur France Inter, c’est par ici :

Les bonnes ondes – « Tous sous le même maillot ! » de Sandrine Oudin

FRANCE INTER – Les Bonnes Ondes : « Tous sous le même maillot ! « 

 

Le samedi 13 octobre 2018 à St-Ouen, l’association Fraternité Générale – en partenariat avec le Red Star FC organisait un tournoi de foot auquel ils ont conviés une dizaine d’associations luttant contre les discriminations et œuvrant à la déconstruction des préjugés.

Tournoi auquel le Collectif Citoyens & Policiers a participé.

A cette occasion, Sandrine Oudin nous a fait l’honneur de sa présence afin de relayer cette action dans son émission : « Les bonnes ondes » sur France Inter.

Pour écouter le podcast ou le réecouter, c’est par ici :

Les bonnes ondes de Sandrine Oudin – « Tous sous le même maillot ! »

Compte-rendu de la visite à l’Assemblée nationale

Le collectif Citoyens & Policiers a organisé, le samedi 31 mars dernier, une visite de l’Assemblée nationale en présence de nombreux interlocuteurs sensibles à sa démarche.

Après une déambulation guidée dans ce lieu solennel et symbolique du pacte républicain, durant laquelle des échanges informels ont déjà pu avoir lieu entre les participants, un débat autour des relations entre police et « jeunes des quartiers » a été organisé dans une salle de l’Assemblée.

Deux membres du collectif, un policier et une « civile », animent le débat. Les échanges commencent par un rapide tour de table pour présenter les intervenants : trois députés, Catherine Kamowski (LREM, Isère), Maud Petit (MoDem, Val-de-Marne) et Frédéric Descrozaille (LREM, Val-de-Marne), plusieurs membres des associations Espoir 18 (Paris) et Générations Femmes (Évry) ainsi qu’un jeune habitant de Seine-Saint-Denis, et cinq policiers.

Dès les présentations, la question mise au centre du débat est la suppression de la police de proximité, disparition jugée fatale par l’un des policiers. Tout au long de la discussion, ses collègues abonderont dans son sens.

Le dernier intervenant à se présenter est M., un jeune homme de 19 ans, vu par le collectif comme un trait d’union entre les participants au débat : s’il a attaqué l’État en justice pour un contrôle qu’il juge discriminatoire, il souhaite aujourd’hui devenir cadet de la République. « J’ai utilisé ma colère pour la transformer en intelligence positive », dit-il. S’il sait que « des policiers font très bien leur travail », il déclare tout de même avoir « beaucoup de questions à leur poser ».

Dont acte ! Invité à le faire, il place d’entrée la question des contrôles d’identité au centre du débat.

Face à tous les jeunes présents, qui tous racontent leur ressenti d’être régulièrement contrôlés de manière abusive et discriminatoire, les policiers rappellent le cadre juridique strict dans lequel interviennent ces contrôles. Ce qui ressort de ces premiers échanges, c’est la nécessité, tant du côté des jeunes que du côté des policiers, de réfléchir chacun à son comportement, d’avoir la volonté de faire baisser la tension et de se mettre à la place de l’autre pour comprendre ses codes et concevoir ce qu’il ressent au moment du contrôle. De là, le sujet primordial est celui de l’éducation pour les jeunes, de la formation pour les policiers – « Sensibiliser les jeunes à l’école et les policiers dans leur école », pour reprendre l’expression d’un jeune présent.

Le recrutement massif de gardiens de la paix ces derniers mois, pour rattraper le retard accumulé les années précédentes, et la rapidité de leur scolarité ont pour effet d’orienter la formation sur un mode répressif, selon un policier présent. De plus, l’image de la police véhiculée dans certains reportages télévisés met en avant les missions d’intervention musclées qui, bien que réelles, ne sont qu’une partie du travail policier. Les missions d’accueil du public et d’aide aux victimes sont bien moins connues du citoyen, y compris de ceux qui veulent rejoindre la police. Si l’on ajoute à cela la disparition de la police de proximité, on aboutit à une situation où, finalement, le policier ne connaît pas son lieu de travail, le quartier où il intervient. Le jeune gardien de la paix, qui vient souvent de province, ne connaît pas nécessairement la situation des quartiers difficiles, bien souvent lieu de sa première affectation. L’association Espoir 18, par exemple, tente de remédier à cela pour diminuer la méconnaissance et l’incompréhension. Cette logique de territorialisation permet de valoriser le policier dans son travail, de lui montrer que son rôle est reconnu alors que, dans l’institution, parfois, « on s’est barricadés dans notre uniforme », confesse un policier, qui déplore cet éloignement vis-à-vis de la population.

Le thème des sanctions est également abordé : si les jeunes présents avancent le fait que les policiers ne sont pas sanctionnés lorsque de mauvais comportements sont observés, les policiers leur expliquent qu’au contraire leur corps de métier est celui qui est le plus sanctionné dans l’administration. Toutefois, un policier reconnaît qu’il n’y a pas une visibilité suffisante de ces sanctions, que la hiérarchie ne sensibilise pas assez les personnels sur cette situation et qu’elle ne mène pas des actions de communication et de dissuasion. « On ne peut pas à la fois défendre la loi et avoir des comportements outranciers ! » La police nationale dispose toutefois, avec l’IGPN et la pré-plainte en ligne, de moyens pour sanctionner les comportements en interne.

Comment rapprocher la police et la population ? Peut-être en analysant mieux ce qui les éloigne. La question de l’évaluation de la satisfaction envers le service rendu est donc aussi abordée. C’est un des objectifs affichés de la nouvelle police de sécurité du quotidien, qui devra faire ses preuves. Il faut en effet bâtir des indicateurs pertinents, car mesurer la satisfaction n’est pas aussi simple que mesurer un nombre d’interpellations ou de gardes à vue. Cette démarche qualitative serait toutefois une preuve d’ouverture de la part du corps policier.

Enfin, deux dispositifs ont suscité des discussions : la mise en place de « caméras piétons » et le récépissé de contrôle d’identité.

Pour les caméras piétons, les intervenants s’accordent pour considérer que c’est un bel outil qui permet de faire baisser la tension, même s’il n’est pas une fin en soi.

S’agissant du récépissé, malgré le fait qu’il permettrait d’éviter les contrôles à répétition, le problème est qu’un individu potentiellement dangereux pourrait utiliser un premier récépissé de contrôle pour se soustraire à un contrôle futur, expliquent les policiers. Plus globalement, récépissé ou non, il faut trouver une solution pour améliorer la traçabilité des contrôles d’identité. Cela passera peut-être par l’utilisation du numérique (boîtiers, applis…). La traçabilité permettrait à la fois aux policiers de mieux mesurer l’efficacité de leur travail et à la population d’avoir une visibilité et de s’exprimer. Dans tous les cas, ces innovations, si elles sont portées par des dispositions législatives, devront être évaluées : contrôler la loi, c’est le rôle des députés présents, qui s’y engagent au moment de clore ce débat animé au Palais Bourbon.

 

Tous nos remerciements à Guillaume pour ce compte rendu !

Le compte-rendu sera disponible en PDF prochainement…

 

COLLECTIF CITOYENS & POLICIERS

Par mail : levezvousavecnous@gmail.com

Sur Internet : http://citoyens-policiers.org/

Sur Facebook : www.facebook.com/citoyensetpoliciers

Sur Twitter : @CollectifCetP

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« La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. »

Article 12 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789

Compte-Rendu – Conférence du 22 septembre 2017

Le 22 septembre 2017 à 20h a eu lieu au FIAP, la 1ère conférence du collectif citoyens & policiers. Une présentation du collectif, des intervenants et un atelier d’introduction à la veille citoyenne & policière, l’une des solutions proposées par le collectif, pour améliorer les relations entre la population et sa police.

Compte-rendu au format PDF

N’hésitez pas à nous écrire : levezvousavecnous@gmail.com – si vous souhaitez que nous vous transmettions le compte-rendu PDF directement par e-mail.

L’équipe du collectif

SUD OUEST –  » Faut-il relancer la nouvelle police de proximité ? « 

Faut-il relancer la police de proximité ?


Imaginée par la gauche en 1997, décriée puis abandonnée par Nicolas Sarkozy en 2003, la police de proximité fait son grand retour. Dans un entretien au Figaro, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb a annoncé que la « police de sécurité quotidienne » voulue par Emmanuel Macron verra le jour à la fin de l’année.

Une annonce reçue avec circonspection par Aymed Korbosli, policier en poste à Bordeaux et secrétaire régional du syndicat Unité SGP Police FO, qui explique que « à l’époque, la police de proximité avait été mal perçue par certains agents« . « Renouer avec la population est primordial selon moi, mais il ne faut pas faut pas oublier que nous sommes des policiers« , ajoute-t-il.

Une réputation laxiste

L’idée que la police de proximité ait pu être une police trop laxiste, éloignée de l’essence du travail des gardiens de la paix, est en effet assez répandue au sein des effectifs de la police nationale.

Au contraire, pour Virginie Macholet, sociologue spécialiste des questions de sécurité locale et chercheuse à l’IAU Île-de-France, »l’idée de police de proximité se rapporte à des missions classiquement policières qu’il s’agit d’exercer à l’échelle d’un territoire bien identifié : assurer la protection des biens et des personnes, prévenir la délinquance et les troubles à l’ordre public, veiller à la tranquillité publique et au respect des lois. »

Un avis que rejoint Jean-Pierre Havrin, ancien haut fonctionnaire de police, également l’un des « pères » de la police de proximité. Pour lui, « la police de proximité est une police de plein exercice ».

La police de proximité au secours du renseignement territorial ?

De l’avis général cependant, la police de proximité permet un maillage territorial intense, utile pour récolter des renseignements dans la lutte contre le terrorisme.

Jean-Pierre Harvin assure que la police de proximité « permet de recueillir un nombre très important de renseignements indétectables autrement. Il s’agit de repérer les petites dérives, les signaux faibles. »

« Le policier qui connait bien un territoire et sa population aura accès à des informations que des services de renseignements seront incapables de détecter« , ajoute-t-il. Face au défi de la radicalisation de certains jeunes, la police de proximité peut apporter des solutions concrètes. Même son de cloche chez Aymed Korbosli, qui rappelle cependant qu’un déploiement efficace d’une telle police ne peut se faire qu’avec « suffisamment de ressources et d’effectifs« .

La nécessité d’injecter les moyens nécessaires

Aymed Korbosli rappelle que « ce dispositif aurait pu très bien marcher à l’époque, si on nous avait donné les moyens », et tire la sonnette d’alarme. « La police de proximité risque de consommer beaucoup d’effectifs, alors que la police nationale est déjà en sous-effectif dans la plupart de ses services« , explique-t-il.

Jean-Pierre Havrin souligne quant à lui que « dépouiller un service pour mettre sur pied la police de proximité serait contre-productif« . « Les syndicats sont méfiants, car ils se sont fait avoir plusieurs fois » rappelle-t-il.

526 millions d’euros d’économies prévues

« 526 millions d’euros d’économies ont été décidées, alors que les moyens actuels de la police sont très insuffisants. Je me demande comment le gouvernement va combiner les deux ». Gaelle Van der Maslow, cofondatrice de « Citoyens et Policiers », une association qui oeuvre pour le rapprochement entre la population et les forces de l’ordre, alerte également sur la question des effectifs. « Les policiers ne peuvent pas se dédoubler », ajoute-t-elle.

France Culture – Citoyens & Policiers ensemble pour questionner la police française

 » Comment renouer le lien entre la police et la population française ? Les forces de l’ordre acclamées après Charlie Hebdo, puis ciblées en tant que forces de maintien de l’ordre pendant la loi travail… notre police entretient une relation de plus en plus compliquée avec la population. » – Violette Voldoire a interrogé Jules et Sandra du collectif.

« De quoi parle-t-on dans le collectif, qui compte une dizaine de personnes, dont plusieurs policiers ? « On parle de tout ! » explique Jules, officier de police. Conditions de travail, contrôles au faciès, violences policières, aucun sujet sensible n’est écarté, car c’est bien dans ces pratiques policières que se noue la problématique relation entre la police et sa population. »

« Sur les violences policières, on a admis qu’on pouvait appeler cela violence illégitime. On a admis, en fait, qu’il pouvait y avoir une part de violence dans les missions policières. » Sandra Pizzo, co-fondatrice de Citoyens et Policiers. »

Pour retrouver l’intégralité de l’article sur le site de France Culture : Suivez ce lien

 

Deutschlandfunk – Le malaise de la police française

Le 22 juillet 2017, la radio publique allemande Deutschlandfunk consacrait une heure d’émission à la police française, dont le mot de la fin est revenu au collectif Citoyens & Policiers.

Si vous souhaitez écouter l’émission, le podcast est disponible sur le site de la radio : suivez ce lien

Voici une traduction plus ou moins littérale des douze minutes offertes au collectif !

Une brasserie dans la banlieue de Paris : Sandra et Fabien rangent des cartons de bières bio dans la voiture. Le brasseur leur demande s’ils organisent une fête. « Non, pas une fête : un match de foot entre citoyens et policiers », dit Fabien. « Pour aider à rompre la glace. »

Dans le coffre de la voiture s’empilent deux douzaines de tee-shirts : sur les rouges est inscrit « Citoyen », sur les bleus « Policier ». Fabien, veste à capuche et bermuda, travaille comme policier dans un commissariat de banlieue parisienne. Il a participé aux manifestations des policiers en colère. « L’automne dernier, nous avons protesté contre nos mauvaises conditions de travail, la nuit, sur les Champs-Élysées et ailleurs pendant plusieurs mois. Nous sommes les “policiers en colère” : une association a été créée, à laquelle j’ai participé, puis j’ai décidé de rejoindre le collectif Citoyens & Policiers. »

Une révolte aux allures de mutinerie. L’attaque de policiers à Viry-Châtillon, dans laquelle deux fonctionnaires de police ont été blessés, dont un grièvement, a été l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Fabien, quant à lui, a décidé de s’investir pour améliorer les relations police/population, et aujourd’hui il va affronter sur le terrain « ses adversaires ».

Sandra fume une nouvelle cigarette. Avant le jour J, la tension monte dans la voiture. Point par point, les préparatifs sont passés en revue. « Et si jamais personne ne vient ? », s’inquiète Sandra, cheveux courts, robe noire, bottes bleues. Sandra est cofondatrice du collectif Citoyens & Policiers, avec Gaëlle. Elle vit dans un village en Ariège où elle travaille comme correctrice dans l’édition. Politiquement, elle penche plutôt à gauche.

« Je ne connaissais la police que dans le cadre des manifestations. Et celles-ci finissent souvent dans la violence. Je me suis toujours sentie plutôt anti-flic primaire. » Fabien reçoit un coup de coude amical de Sandra, il ricane. « Les attentats parisiens de novembre 2015 ont fait évoluer ma perspective », dit plus loin Sandra. « J’ai compris que les policiers n’étaient pas toujours dans la répression. Au Bataclan, ils ont risqué leur vie pour sauver celle des autres. Lors des manifestations contre la loi travail, auxquelles j’ai participé, j’ai pu observer des violences comme je n’en avais jamais vu auparavant mais également des policiers éprouvés. Et je me suis demandé : à qui tout cela profite ? Les CRS n’ont pas à être des instruments de l’État. »

C’est ainsi qu’est né le collectif Citoyens & Policiers, de ces réflexions. Sous ce nom, des actions sont organisées par Sandra, Gaëlle, des citoyens et des policiers pour apprendre à dépasser ses préjugés et à faire un pas vers l’autre, pour mieux se comprendre. Comme le match de foot entre citoyens et policiers, pour promouvoir la police de proximité. Fabien ajoute que le mouvement des policiers en colère représente seulement les intérêts des policiers et leur défense : « Il n’y a pas de remise en question de la police en faveur du citoyen. C’est très corporatiste. Dans le collectif, en revanche, nous travaillons ensemble sur les problèmes, pour confronter les points de vue des policiers et des citoyens, afin de trouver des solutions ensemble pour l’intérêt commun. »

Nous sommes le jour du match, il a commencé. Sandra se trouve dans les tribunes à courir partout. Fabien court après la balle sur le terrain, dans le groupe des policiers. Les deux équipes comptent chacune plus d’une dizaine de joueurs et de remplaçants. À la mi-temps, on en est à 1 à 0 pour la police. Sandra sert de l’eau à un homme en sueur dans son maillot bleu. Il s’appelle Laurent : Sandra connaît son véritable prénom, nous, nous n’en avons aucune idée. Le collectif garantit l’anonymat absolu aux policiers qui le souhaitent. En ce qui concerne Laurent, CRS, il a participé à de nombreuses manifestations contre la loi travail, dont certaines très tendues. En France, suite aux violences lors des mobilisations, les CRS sont particulièrement détestés. Laurent, lui, a décidé de travailler aux côtés du collectif Citoyens & Policiers, pour faire bouger les lignes : « Parce que je pense que c’est une cause importante à défendre. Nous, les policiers, ne sommes pas là pour être contre la population et être instrumentalisés, nous sommes là pour servir et protéger la population. Et ça, on l’oublie souvent. » Il met ses lunettes de soleil. « Il est important de retrouver la confiance et de renouer des relations apaisées. Maintenant, la police déserte presque les zones sensibles. On n’a plus de temps pour renouer le lien. On doit avoir un vrai contact avec la population dans notre travail. Aujourd’hui, l’État met tout sur la politique de sécurité nationale, mais cela ne convient pas. C’est normal que le mécontentement grandisse. Nous avons la pression par le haut et par le bas. »

Une femme blonde avec de grands yeux se tient aux côtés de Laurent sur le terrain. Elle porte un maillot rouge et fait partie des joueurs. Elle vient spécialement de Montpellier pour participer. C’est la cofondatrice du collectif avec Sandra. « J’ai participé à la manifestation contre la loi travail du 15 septembre 2016 ; j’étais place de la République, dans la nasse. J’ai vu Laurent, un syndicaliste, tomber devant moi, l’œil en sang. Quelques minutes plus tôt, on était tous à discuter calmement en attendant qu’on nous “libère”. Je n’ai pas compris l’emploi de la force à ce moment-là. Je suis foncièrement non-violente, mais je comprends que certaines personnes dans ces situations laissent parler leur colère par ce biais. J’ai également ressenti cette colère. Mais je ressens également de la colère quand je vois comment les policiers sont “utilisés”. La spirale de la violence est contre-productive et ne fait pas avancer le problème. »

La deuxième mi-temps commence. Sandra demande aux deux équipes d’échanger leurs maillots.  Certains joueurs suivent, d’autres non. Les équipes se mélangent et, en quelques secondes, on ne sait plus qui est policier, qui est citoyen. Des deux côtés, les barrières sont tombées. Après quelques beaux échanges, on siffle la fin du match. Tout le monde se retrouve dans les tribunes pour boire un verre, échanger, et pour la remise des prix. Un homme à lunettes saisit le micro et se présente : Jean-Pierre Havrin, ancien commissaire de police. Il est venu de Toulouse exprès en soutien au collectif. « C’est également mon combat depuis des années. J’espère que les relations entre la police et la population pourront s’apaiser et qu’elles entretiendront de bonnes relations. Et c’est possible : encore une fois, nous en avons un exemple aujourd’hui sur un terrain. »

Vingt ans plus tôt, Havrin, sur ordre du gouvernement socialiste de cette époque, mettait en place la police de proximité à Toulouse. Puis sont arrivés au pouvoir les conservateurs, avec l’ex-ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy. L’expérience a été interrompue.

Jean-Pierre Havrin s’apprête à remettre les prix et brandit deux coupes : « 3-3, égalité parfaite. Égalité, fraternité ! » Gaëlle appelle au micro Sandra et Fabien pour féliciter ses collègues de cette action qu’ils ont initiée : « Toute cette joie, tout le monde ensemble… C’est une vraie réussite. » Ce soir, ils vont fêter la troisième mi-temps dans un restaurant, citoyens et policiers, pour parler et imaginer leurs prochaines actions.