Appel à l’apaisement et au dialogue

Appel à l’apaisement et au dialogue

Le Collectif Citoyens & Policiers travaille à mettre en place les conditions nécessaires à un rapprochement population/police. Retrouvons une police au service de la population et de l’intérêt général, et non au service de l’intérêt particulier de ceux à qui elle est confiée.

Suite à l’interpellation de Théo, le 29 janvier à Aulnay-sous-Bois, et aux violences qu’il a subies de la part de fonctionnaires de police, nous assistons à une explosion de haine inouïe de la part de citoyens mais également de policiers, chaque camp condamnant l’autre. Dès le début, nous avons eu droit à une exposition médiatique importante de l’affaire sans attendre les conclusions de l’enquête, même si les faits qu’a subis Théo sont graves et intolérables.

L’emballement émotionnel et les réactions viscérales des uns et des autres, qui s’affrontent de la même façon que des gangs se disputeraient un territoire, sont le résultat de politiques menées depuis plusieurs années, qui ont conduit à une division toujours plus grande, engendrant incompréhension, mépris, intolérance et confrontations. Nous assistons impuissants au déroulement de ce cycle depuis des années : dès lors que des fonctionnaires de police sont impliqués dans des violences, au lieu d’emprunter la voie du dialogue et de chercher des solutions pour remédier à ces problèmes, l’État répond par la répression, provoquant ainsi un sentiment d’impunité et d’injustice auprès de la population.

Et le cycle se répète.

Combien de temps encore devrons-nous attendre pour que le gouvernement prenne enfin ses responsabilités et se focalise sur les causes du problème et non les conséquences ?

Combien d’années encore les citoyens de ces quartiers devront-ils attendre avant d’être entendus ? Eux qui font face quotidiennement à une présence policière de plus en plus répressive : contrôles abusifs, violences physiques, insultes, irrespect, et qui ne voient la police que dans le cadre de ses missions d’intervention et non de prévention ? Ils doivent aussi affronter le diktat des dealers et leur guerre de territoires dans l’omerta.

Combien d’années encore les policiers qui doivent intervenir dans ces quartiers devront-ils attendre avant d’obtenir des formations solides et adaptées ?

Combien de temps encore devront-ils subir des ordres inadaptés à la situation qui, dans la course statistique au résultat, ne prennent plus en compte la satisfaction des citoyens envers leur police et déshumanise totalement les relations ?

Les gouvernements successifs n’entretiennent pas seulement le fossé, ils creusent un gouffre béant.

Nous condamnons autant les violences que les policiers subissent au quotidien que celles que subissent les habitants des quartiers.

Le manque de reconnaissance, de justice sociale, de sens du travail, de perspectives d’avenir sont pourtant des problématiques communes aux policiers et aux citoyens, qui devraient réfléchir ensemble pour s’attaquer ensemble aux racines du problème.

L’État a délaissé certains territoires (fermeture de bureaux de poste, de postes de police, de commerces de proximité, déserts médicaux, etc.) et a laissé pourrir la situation. Il a même initié de grands projets immobiliers pour au final proposer des cages à lapins engendrant bruits et troubles du voisinage.

À qui profite le crime ?

Il est plus que temps, il est même indispensable d’ouvrir un dialogue entres les policiers et les citoyens de ces territoires appelés banlieues, quartiers difficiles, zones de sécurité prioritaires, cités, ghettos…

Les policiers sont des hommes et des femmes profondément attachés au service de la population mais dont les ordres divergent de ces idéaux. Sans ce dialogue, les incompréhensions, le sentiment d’injustice et d’impunité pour les deux camps grandiront et n’engendreront que de la haine, de l’intolérance et de l’irrespect. Nous sommes contre la construction d’un mur entre citoyens.

Les solutions ne viendront pas des gouvernements, pour lesquels la division est utile.

On pourrait leur reconnaître une devise : « Diviser pour mieux régner ».

Les solutions proviendront de ceux qui, de chaque côté de la barricade, souhaiteront un changement pour le bien de tous.

Il serait peut-être judicieux de reparler sérieusement de la police de proximité, une police de relations apaisées, en incluant dans le débat les policiers qui travaillent dans ces quartiers et les citoyens qui y résident.

Le Collectif Citoyens & Policiers

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